Francis Beaumont : Passionné de statistiques!

27/02/2017

Depuis quelques temps déjà, le Royal de Montréal bénéficie de l’expertise unique d’un passionné d’informatique pour l’analyse des données statistiques. Il est également un joueur d’ultimate et il a réussi à combiner habilement ces deux univers pour nous offrir un portrait vraiment intéressant de l’équipe. En effet, M. Francis Beaumont utilise les statistiques différemment pour illustrer les forces et faiblesses du Royal et de ses joueurs. Il va bien au-delà des simples points, présences, +/-, défensives, etc., auxquels nous sommes habitués. Il est sans aucun doute un pionnier dans l’interprétation des statistiques au ultimate.

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M. Beaumont ne fait pas qu’analyser les statistiques, il développe de nouveaux outils, ses propres outils informatiques pour porter un regard différent sur les chiffres. Il a d’ailleurs déjà réalisé trois articles très intéressants que vous pouvez consulter ici :

Royal 2016 : Se comparer au meilleur! (29 septembre 2016)

Comparaison Dallas – Montréal (3 octobre 2016)

Stats Royal 2016 : les distances (21 décembre 2016)

Ce nouvel univers statistiques permettra à la Direction générale et à l’équipe d’entraîneurs du Royal de détecter des éléments importants du jeu et de prendre des décisions en conséquence par la suite. Ceci pourrait se traduire par des prises de décisions face au repêchage de nouveaux joueurs étrangers, à des changements de rôles pour les joueurs, à l’identification de faiblesses d’équipes et de faiblesses individuelles et à la mise en place de solutions, à des modifications de temps de terrain pour certains joueurs, etc.

Pour mieux connaître M. Beaumont et sa vision des statistiques, voici une courte entrevue réalisée avec lui.

Quand et comment as-tu été introduit au ultimate?

J’avais été planter des arbres en Colombie Britannique.  Une autre histoire qui pourrait faire l’objet d’une entrevue à elle seule.  Un jour de weekend, quelqu’un a décidé de nous initier à ce sport. Provenant du Football et du Baseball et ayant toujours très bien tiré mon épingle du jeu côté vitesse et attrapés, j’ai immédiatement eu la piqûre.  Je me rappelle encore que l’objectif ultime était de plonger pour attraper un frisbee.  Juste pour vous dire, notre terrain était un vieux chemin de gravelle… fallait vouloir en maudit!

Ensuite, en revenant a Montréa,l j’ai commencé à jouer à Repentigny.  Je me demande encore pourquoi puisque je demeurais sur la Rive-Sud.  Je jouais avec les blancs.  Ils ne voulaient personne de l’extérieur mais m’avais pris avec résignation… Finalement, je ne les ai pas trop déçu et on s’est retrouvé à être invaincu.  Je me rappelle même un certain Éric St-Amand qui « kickait » une poubelle contre nous 🙂

Finalement, j’ai décidé de partir ma propre équipe : Les Smileys.   Pendant 10 ans ça été plus que des amis… c’était ma famille voir ma raison de vivre!  Vous savez tous c’est quoi ce sentiment de camaraderie qu’on retrouve dans le ultimate.   Encore maintenant plusieurs sont encore de très bons amis.  

Est-ce que tu le pratiques encore aujourd’hui?

Oui mais je suis sur mes derniers milles.   J’adore le sport mais la fatigue vient plus rapidement et ça me fâche de voir que je ne peux plus faire les jeux que je pouvais avant.   

Qu’est-ce que tu penses du ultimate professionnel? Y vois-tu un avenir durable?

J’y vois la concrétisation d’un rêve!  Je trouve que c’est un des plus beaux sports à regarder. Par contre, je ne savais pas si ça pourrait percer en dehors du cercle des adeptes. Et j’ai eu ma réponse! Un ami personnel qui avait toujours dénigré le sport a regardé un match complet à la télé sans que je lui en parle! C’est donc dire que même pour quelqu’un de plus objectif que moi, c’est un sport qui est attirant.

Peux-tu nous résumer ton parcours scolaire et professionnel?

Un parcours plutôt atypique… j’ai fait un bacc en Science Technologie et Société suivi d’une maîtrise en environnement orientée en gestion de projet.  Ensuite, j’ai fait un DESS en Commerce Électronique.  Tout ça pour me retrouver à enseigner l’informatique à Lévis parce que je ne trouvais pas d’emploi à la sortie de 7 ans d’université.   Finalement, de fils en aiguille, j’ai réalisé que ma passion informatique pouvait être transformée en une activité profitable et j’ai fondé mon entreprise. Je suis donc à mon compte depuis environ 15 ans.  J’ai aussi fait plusieurs certifications comme le PMI (Project Management), MCP (Microsoft Certified Professional) et je suis en train de suivre un cours hyper intéressant directement relié aux statistiques de l’université de Baltimore “Data Science”.

Tu es aujourd’hui un entrepreneur, parle-nous de fb info!

C’est une entreprise qui a pour but d’améliorer vos processus d’affaires en utilisant des outils technologiques.   Le plus simple est de configurer un réseau.  Mais ce que j’aime le plus c’est de trouver des outils du « Cloud » pour améliorer certaines facettes de la gestion. Que ce soit des outils pour faire la facturation automatiquement, de mettre sur pied un système de suivi des interventions, etc.   J’utilise des outils déjà en place comme Freshbooks, Freshdesk, IFTTT, Zapier, Zoho, Harvest. Mais j’ai également développé des solutions impressionnantes avec Excel pour des entreprises comme Bombardier, Banque Nationale, Prévost Car (Francis enseigne du Excel avancé depuis 20 ans!). J’ai quelques sous-traitants qui travaillent à temps partiel tout dépendant des demandes.

Tu as déjà réalisé des vidéos de faits saillants d’ultimate, notamment des CQU4, des CUC, Denoiret, les Smileys, très intéressants. Tu fais toujours du vidéos ou as-tu laisser tomber cette avenue?

J’aimais TELLEMENT ça. Mais après quelques rendez-vous manqué, j’ai abandonné.  J’ai fait ça pendant au moins 5 ans mais ça demande excessivement de temps.

Es-tu un passionné de statistiques sportives en général, est-ce que tu suis les statistiques des autres sports pro (hockey, football, baseball, etc.)?

Oui.  J’ai surtout commencé avec le football en faisant des pools depuis au moins 20 ans. Je suis un fan des Vikings et des Runnings Backs. Mon héro est Barry Sanders.  Un ami à moi avait même inventé un jeu avec des dés qui consistait à simuler une game de football. On faisait toutes les stats déjà à cette époque avec Lotus 1-2-3!

Pourrais-tu nous parler de 2 ou 3 éléments futurs qui pourraient ressortir des statistiques du Royal de Montréal. Des éléments nouveaux ou auxquels nous ne sommes pas habitués.

Il y a tellement de choses qui pourraient ressortir. Ce qui me passionne le plus pour l’instant ce sont les statistiques reliées aux distances. Combien de verges un joueur lance-t-il par match? Est-ce que plus on lance de distance latérale dans une partie plus ça se transforme en victoire?  Est-ce que les passes break permettent à la prochaine passe d’avoir un taux de complétion plus grand? Ou encore mieux, est-ce qu’une passe break se transforme souvent en point dans les 2 ou 3 passes suivantes? Est-ce qu’il y a des endroits sur le terrain qui sont plus “dangereux”?  Pourrions-nous établir en fonction de chaque équipe des endroits où il y a un danger qu’une passe de point se fasse? Il y a des tonnes de choses intéressantes qui verront le jour dans les années prochaines et pour plusieurs d’entre elles, je n’y aurai même jamais pensé et viendront de l’extérieur.

Crois-tu que l’ultimate en général ou les autres équipes professionnelles de l’AUDL pourraient bénéficier de tes outils et analyses pour s’améliorer?

Je pense que oui. En même temps, c’est difficile de transformer des chiffres en décisions sur le terrain. Je crois que le coach a toujours une meilleure vision.  Ils, elles, peuvent se servir de ces outils pour appuyer leurs intuitions mais je ne pense pas qu’elles peuvent remplacer le “guts feeling” d’un humain.  Mais que ce soit le cas ou non, je pense que pour le fan c’est de l’information hyper intéressante. Le spectateur a envie d’avoir un héro, d’assister à la course au meilleur pointeur, au meilleur défenseur, etc…   Donc même si ça ne servait pas directement l’équipe, en emmenant plus de gens à s’y intéresser ça profiterait à toute la ligue!  

Quels sont pour toi les statistiques les plus importantes pour un entraîneur?

Le % de complétion des passes standards et des passes longues. Aussi, les + ou – qui permettent à long terme de savoir ton impact sur les points.

Est-ce que les statistiques peuvent mettre à jour de grandes faiblesses de certains joueurs qui ne sont pas nécessairement décelables à première vue (même chose pour les forces)?

Oui. Je pense que ça donne à tout le monde la possibilité de faire de la micro-gestion, de la micro-analyse. En tant que joueurs tu as parfois besoin d’identifier tes faiblesses ou tes forces pour t’améliorer ou des fois pour te réconforter.  🙂   Par exemple, quand je faisais les stats pour nos équipes de ligues (oui je faisais ça!), parfois j’avais l’impression d’avoir eu un match horrible.  Pourtant, après analyse, je voyais que j’avais réussi 93% de mes passes! Pourtant, je n’avais retenu que mon pull échappé…  (ce qui ne m’est arrivé qu’une seule fois je le jure) Lol! Souvent, c’est aussi le contraire… tu penses que tu as été une super vedette et finalement tu as un ratio de 56% de complétion; mais tu as réussi quelques longues qui ont « boosté » ta perception.  Disons que ça relativise les choses.

Est-ce que c’est difficile de vulgariser toutes les données que tu captes lors d’un match d’ultimate?

Oui et non. Tout est question de temps 🙂 J’imagine que si je faisais ça à temps plein ce serait assez simple. Tu identifies un point ou deux, tu appuis tes informations par des stats intéressantes et ensuite, tu enjolives autour pour rendre ça intéressant. Mais quand tu fais cela entre 2 ou 3 autres choses, c’est ça le plus compliqué.

Avais-tu un joueur favori en 2016 et est-ce que ses statistiques reflètent tes impressions?

C’est certain que les joueurs que tu connais, avec lesquels tu as joué, sont souvent tes préférés. (exemple toi! 🙂 ) Mais j’ai fait de belles découvertes l’an passé. André Arsenault, entre autres, m’a impressionné.  Francis Vallée ainsi que Félix Marceau me semblaient aussi très solides.  Quinlan c’est un High Risk, High reward type of player. On en a besoin pour le spectacle mais je m’identifie plus à un joueur constant et stable pour qui les stats sont très élogieuses : Félix-Antoine Daigle.   Mais j’avoue avoir hâte de tous les retrouver!!!

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Visitez le site web et la page facebook de M. Beaumont pour des services de formation et de gestion de projet en informatique

http://www.fbinfo.net/

@infoavotreervice

Merci beaucoup Francis!

Christian Mathieu

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